Courage ou arrogance ?

Je vous mentirais si je vous disais que je n’éprouve pas un sentiment de victoire et aussi, oui, cette basse satisfaction tirée d’une douce vengeance. Duceppe et ses sbires ont eu le résultat qu’ils méritaient et après le sort qu’ils ont réservé à M. Boisclair, permettez-moi de ne pas verser aucune larme pour ce pauvre pétard mouillé de Duceppe dont la crédibilité vient de prendre, en bon québécois, « une méchante débarque ».

C’est amusant de lire tous ses amis et ses adversaires qui se bousculent aujourd’hui pour vanter le « courage » dont fait preuve M. Duceppe en se retirant de la course. Comme s’il avait eu le choix !! En fait, il faudrait plutôt parler de l’arrogance dont il a fait preuve vendredi en téléphonant à Mme. Marois pour lui dire qu’au lieu de la rencontrer le lendemain, il se lançait immédiatement dans la course. Arrogance qui lui permettait de croire que Mme. Marois se retirerait de la course parce que le Grand Duceppe allait s’annoncer. Arrogance qui lui a fait croire que le fait qu’il annonce sa candidature ferait en sorte que tous les députés se rallieraient derrière lui même si ils lui avaient indiqué le contraire.

Et bien M. Duceppe, retournez « botter le derrière » de vos troupes, il semblerait qu’elles sont en manque ! Et bonne chance au Parlement maintenant que vos adversaires ne manqueront pas de vous rappeler votre «courage» à chaque fois que vous prendrez la parole. En passant, si des putschistes s’organisent au Bloc, il me fera un plaisir de vous aider, vous savez où me trouver.

~ par Gandalf le mai 13, 2007.

4 réponses to “Courage ou arrogance ?”

  1. La vengeance n’arrange rien. Vous pensez vraiment ce que vous dites quand vous affirmez que vous seriez prêt à putscher Duceppe ? Vous pensez que ça serait bon pour le mouvement souverainiste ? J’ose croire que vous le dites sur le coup de la frustration. Désolé, mais je ne crois pas à l’hypothèse du putsch de Duceppe. Si putsch il y a eu, c’est le 3/4 des péquistes qui l’ont organisé.

    Par contre, vous avez raison quand vous dites qu’il a été arrogant de croire que l’annonce de sa candidature ferait frémir Mme Marois. Mettons qu’il n’a pas très bien navigué dans cette histoire. Par contre, je demeure convaincu que c’est le meilleur homme pour continuer avec le Bloc, même si je ne crois pu beaucoup à ce parti. Malgré ce que vous pensez, je le trouve courageux d’avoir agi comme il l’a fait. Oui c’est vrai qu’il n’avait pas ben ben le choix. Mais il aurait quand même pu faire durer les choses pour tenter de sauver la face …

    Donc, votre titre devrait être courage ET arrogance :) !

  2. @ Emmanuel

    Je repecte votre opinion , mais dans ce cas le putsch de Duceppe contre Boisclair n’est pas une hypothèse mais un fait. C’est l’avis de Denis Lessard (La Presse). Michel C. Auger (La Presse, Radio Canada), Michel David (Le Devoir), et j’en passe.

    Par contre vous avez raison de dire que ce n’est pas seulement ce putsch qui a causé le déclin de Boisclair. Il y a lui aussi largement contribué. Cela, par contre, ne justifie pas les agissemnts de Duceppe et certains membres du Bloc.

    Quant à ses tergiversations de cette fin de semaine vous avouerez qu’il n’a pas aidé la cause du Bloc et aura perdu toute créblité à Ottawa. Vous pourrez le constater dès demain. Les députés fédéralistes vont se régaler.

    Je ne vois vraiment pas lequel de ses gestes pourrait être qualifié de courageux. Entrer dans une course le vendredi et en sortir le dimanche ? Quitter une course lorsque qu’on sait qu’on va se faire planter ? Quitter pendant qu’on peut encore reprendre la job qu’on vient de dénigrer en la laissant ?

    Il n’y aura pas besoin de putsch au Bloc, M. Duceppe s’est déjà auto-putsché et cette réalité le rattrapera bien assez vite.

  3. C’est peut-être sur la définition de “putsch” qu’on ne s’entend pas. Boisclair était tellement affaibli par la défaite électorale, qu’il est bien difficile de dire ce qu’il l’a fait tomber exactement. Une grande partie des militants souhaitaient le départ de M. Boisclair. Une grande partie du caucus aussi. Étant donné la situation de gouvernement minoritaire actuelle, il n’est pas surprenant que tout se soit précipité. Devant un André Boislcair qui n’était visiblement pu en contrôle du Parti, est-ce que Gilles Duceppe a fait quelques téléphones pour savoir s’il était le bienvenu pour succéder à Boislcair advenant le cas qu’il, peut être. Cependant, je serais vraiment étonné que Duceppe ait orchestré le “putsch” de Boisclair. Vous vous obstinez à dire que Duceppe n’avait aucun appui et aucun ascendant sur le PQ, mais tout d’un coup vous lui donnez le pouvoir de “putscher” un chef péquiste. Si Boisclair avait été bien en selle, il aurait pu passer au travers; ce n’était visiblement pas le cas. Je crois qu’il a été le grand responsable de son malheur. Mais je respecte quand même votre opinion.

  4. @Emmanuel
    Règle générale, les putschs s’organisent justement lorsqu’un adversaire est déjà en position de faiblesse. Ma perception des choses est que M. Duceppe avait de bons alliés dans les différentes associations de comtés, notamment dans la région de Québec et de Laval. Savoir s’assurer d’appuis dans les comtés est un atout non négligeable pour un politicien. Ainsi, André Boisclair a eu bien du mal à placer ses candidats là où il le souhaitait. Les refus de collaboration ont étrangement été dans les comtés où certains députés du Bloc ont une influence majeure. Et il est vrai aussi que cette coalition contre Boisclair ait été considérée par certains analystes politiques fort bien branchés. Honnêtement, je suis assez étonnée que tu ne prennes pas ceci en considération dans ta réflexion puisqu’il m’apparaît clair dans la situation présente qu’il n’est pas question d’opinions personnelles ou encore d’hypothèses mais de faits établis. C’est vraiment un secret de polichinelle qu’il y ait eu un putsch contre Boisclair.

    Ceci étant dit, Boisclair demeure toutefois en grande partie responsable de ses échecs. La politique est la politique. Très dure parfois. Faut savoir placer ses pions, ce qu’il n’a de toute évidence pas été capable de faire adéquatement. Duceppe a justement bien placé ses pions, mais il a franchement mal joué sa dernière carte. Il a joué gros en tentant le saut, se croyant fort de ses appuis au PQ. Mais il est possible qu’au-delà de ses appuis dans différentes circonscriptions de nombreux nouveaux joueurs tels que Drainville, Curzi et Facal en se positionant rapidement en faveur de Marois lui ont fait un pied de nez. N’oublie pas que ces gens-là ont aussi vu le grenouillage en coulisses et n’ont peut-être pas apprécié.

    Pourquoi Duceppe n’a-t-il pas attendu de discuter avec madame Marois et ainsi éviter la déconfiture ? Était-ce un coup de dés mal calculé ? A-t-il cru que Marois bluffait ? Qu’elle lui cèderait la place ? Enfin, Duceppe m’a semblé un peu arrogant dans sa façon de faire, trop sûr de lui peut-être; j’en profite pour lever mon chapeau à Marois, qui, elle, a fait montre de courage. Après deux échecs, qu’elle revienne dans la course, c’est superbe. Mais Duceppe qui s’en retourne à Ottawa en poule mouillée, un peu moins courageux…

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