Rira bien qui rira le dernier

L’agence Presse canadienne nous apprend que M. Charest a profité d’une visite au Lac St-Jean pour se payer la tête des péquistes avec une de ses typiques déclarations cyniques et arrogantes.

M. Charest doit être particulièrement masochiste pour trouver des raisons de rire, compte tenu de la situation actuelle de son parti.

Voyons un peu la situation du Liberal Party of Quebec :

  • Troisième (24 %) auprès des francophones dans les résultats du 26 mars. Le Parti est maintenant le parti officiel des anglophones. Le vrai héritier du Equality Party.
  • Les députés sont presque tous de la grande région de Montréal.
  • Obligés de copier le programme vide de l’ADQ pour se donner des objectifs de gouvernement.
  • Obligés d’encore une fois changer complètement de cap sur un projet de loi. Orford cette fois-ci, mais n’oublions pas, entre autres, Suroît, les écoles juives et le théatre en trois actes du CHUM.
  • Un sondage publié samedi dans La Presse les place au troisième rang avec le PQ dirigé par Pauline Marois (et non le grand petit Duceppe) en tête et l’ADQ deuxième.

M. Charest, je comprends que face à une telle situation, le rire vous permet de faire baisser un peu la pression. Mais la prochaine fois que cette envie de rire vous prend, écoutez donc un bon vieux CD de Pérusse ou tapez vous une petite visite sur le blogue de Martin Petit. Rire des autres partis politiques ne fait que vous ridiculiser encore plus.

~ par Gandalf le mai 15, 2007.

2 réponses to “Rira bien qui rira le dernier”

  1. Il va falloir s’y faire. La tactique du slogan baveux, importée directement de la culture politique américaine, est maintenant solidement implantée au Canada. Et même au Québec.

    Stephen Harper, dans sa série de publicités visant à démoniser les Libéraux (hors campagne électorale en plus, donc comptabilisée comme simple “dépense de parti”!) vient de s’ancrer solidement dans une tendace lourde aux États-Unis: le salissage des partis et candidats ennemis dans des pubs télévisées. Il a d’ailleurs préparé des pubs semblables contre le Bloc.

    Jean Charest aussi nous a habitué à ce genre d’insultes grinçantes, à mille lieues de la tradition politique britannique qui avait cours au Canada jusqu’à récemment.

    Ainsi donc, ça paraît bien de “clouer le bec” à l’adversaire, de faire le ti-baveux arrogant, de jouer au gros-bras qui parade dans la cour d’école!

    De telles attitudes auraient été impensables il y a quelques années encore; cela aurait été considéré de mauvais goût, autant par les Québécois francophones que par les Canadiens-anglais. Nous avons perdu notre pudeur et, par la même occasion, une certaine retenue en politique.

    Mondialisation des tactiques électorales, des faiseurs d’images, des techniques de spin médiatique, du “wag the dog” à la Clinton, de l’insulte-slogan-choc à la Bush-Rumsfeld (“Cheese-eating surrender monkeys”, “Old Europe”), de la démonisation des adversaire dans des spots délicieusement sarcastique, de l’utilisation de sophismes et de demi-vérités dans des pubs qu’on retire ensuite (mais il flottera toujours un doute, n’est-ce pas).

    Tout cela touche une corde sensible chez le contribuable moyen, qui se cherche une cible pour ses récriminations contre le “monde qui va donc mal”. Voilà la cible rêvée; on lui fournit même un slogan facile à répéter et des arguments pré-mâchés!

    Tout le monde a déjà eu un voisin ou un collègue de travail qui sort des arguments douteux mais, parce qu’il chahute plus fort que les autres, par intimidation, il finit par rameuter tout le monde à son discours. Il y a une expression pour cela: thug politics.

    Harper, Charest, Baird, Day, Dion, Coderre… ce sont des thugs. Ils ont adopté ces techniques de salissage, d’attaque personnelle, d’arrogance. Il faudra se faire à l’idée: la nouvelle génération de politiciens canadiens ne font pas dans la dentelle. Si on ne veut pas se faire battre par ceux qui exploitent les nouvelles règles de la politique canadienne, il faudra que nos leaders sortent un peu de leur idéal de “politicien vertueux”, et qu’on donne des coups de griffe.

    La vertu et l’image du parfait gentleman qui porte la fleur à la boutonnière, c’est bon pour les chefs scouts et pour mononcle Jack Layton.

  2. Bonjour

    à mon avis, Charest ne cherche que son intérêt personnel, et fait la sourde oreille, arrogant comme toujours.
    Je crois que son arrogance signera l’arrêt de mort de son gouvernement, surtout qu’il ne s’attire pas la sympathie de son (pratiquement) seul électorat anglais lorsqu’il dit qu’il n’a pas “d’excuses à donner au Canada anglais”. Peu à peu, il perd des appuis, et finira par être inscrit dans les lvires de l’histoire comme un des pires premiers ministres du Québec.

    Kiora

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